L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le 11 mars 2020 que l’épidémie de COVID-19 était devenue une pandémie. En Tunisie, le ministère de la santé recommande des mesures renforcées d’hygiène préventive afin de contenir et limiter la propagation du virus.

Suite à l’entrée de la Tunisie en phase 3 de l’épidémie de COVID-19, l’Association Tunisienne de Chirurgie propose les recommandations suivantes en rapport avec la pratique de la chirurgie

A- PRINCIPES GÉNÉRAUX DE PREVENTION

  • Nous insistons sur le respect de toutes les mesures de prévention recommandées par le ministère de la santé et notamment le port du masque chirurgical pour tout patient, le lavage fréquent des mains au savon ainsi que l’utilisation de la solution hydro-alcoolique.
  • Nous conseillons de considérer par excès tout patient qui consulte comme étant COVID + vu que nous sommes en phase 3 et vu le grand nombre de formes asymptomatiques et les tableaux cliniques atypiques.

B- ACTIVITÉ NON CHIRURGICALE

  • Nous recommandons de reporter toutes les consultations externes à froid afin de se limiter qu’aux situations urgentes
  • Favoriser dans ce sens, autant que faire ce peu, la télémédecine particulièrement pour les contrôles post-opératoires (en effet, ces patients sont réputés être fragiles suite à l’intervention chirurgicale qu’ils viennent de subir)
  • Lors de ces consultations, nous vous incitons à veiller sur l’espacement des rendez-vous et la limitation du nombre de patients en salle d’attente

C- ACTIVITÉ CHIRURGICALE

  • En fonction de la pathologie :
    • Les cas urgents (pathologies infectieuses, ischémiques, occlusives et traumatiques) doivent être traités en urgence et sans délai.
    • Les pathologies non tumorales qui nécessitent une intervention chirurgicale en situation élective et dont le risque d’aggravation ou de complication est jugé faible seront reportées : pathologie herniaire, lithiase vésiculaire simple et symptomatique, polypose colorectale, pathologie hydatique, reflux gastro-œsophagien, rate hématologique, pathologie proctologique (hémorroïdes, fissure, fistule), obésité morbide.
    • Pour la pathologie tumorale digestive, et en dehors des formes compliquées, un traitement néo-adjuvant est fortement recommandé. Ceci devrait être discuté au cas par cas au sein de staff de concertation pluridisciplinaire en fonction du siège du cancer, de son stade évolutif, du type d’intervention à proposer et du terrain.
  • En fonction de la voie d’abord :

Dans cette situation de pandémie, la laparoscopie a deux principaux avantages : l’impact sur la fonction respiratoire et la durée d’hospitalisation.

Cependant, son principal risque est l’exposition professionnelle ainsi que l’infection du personnel présent en salle d’opération et ce par la présence d’agent pathogène dans le pneumopéritoine.

Il est recommandé en cas d’abord laparoscopique :

  • de vérifier le bon fonctionnement du système d’aspiration dont l’utilisation doit être systématiquement vérifiée avant de débuter l’intervention
  • d’utiliser des trocarts sans fuite et s’ils sont disponibles des trocarts à ballonnet
  • de NE PAS créer de fuite en cas de présence de fumée gênant l’intervention mais d’aspirer cette fumée à l’aide de l’aspirateur
  • d’aspirer la totalité du pneumopéritoine avant de réaliser une conversion et lors de la fin de l’intervention avant le retrait des trocarts.
  • En cas de doute ou de manque d’expérience en laparoscopie, la laparotomie devra être privilégiée.

Bureau de l’Association Tunisienne de Chirurgie

Tunis le 24 Mars 2020